Parution de "TERRE NOURRICIÈRE"
TERRE NOURRICIÈRE
Si elle venait à nous manquer
Halte au pillage des biens communs
Robert LEVESQUE
Préface d’Hubert COCHET
ISBN : 978-2-296-54452-8 • 18 € • 190 pages
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Le dérèglement climatique auquel nous assistons et participons se traduit par une augmentation des tempêtes, des inondations, des sécheresses et des canicules. Il fait baisser les rendements agricoles alors que la concurrence entre les productions de biomasse alimentaire, énergétique et de biomatériaux commence à faire rage et pèse sur l’équilibre alimentaire mondial. Pour satisfaire les besoins alimentaires futurs de l’humanité, il faut équilibrer au plus vite émissions et capture des gaz à effet de serre. Il y a urgence. La crise énergétique n’est pas celle du manque d’énergie fossile, mais bien celle de l’excèdent de la demande par rapport à l’offre en énergies renouvelables. Les économies d’énergie, premier gisement à exploiter, et la progression des énergies renouvelables doivent mobiliser tous les investissements en matière énergétique.
Autre aspect trop souvent délaissé, les rendements agricoles
ont augmenté avec l’utilisation d’engrais azotés de
synthèse, fabriqués à partir de gaz naturel, et de ressources
minières, ressources naturelles non renouvelables et non substituables
entre elles. Il faut donc inventer, en quelques décennies, une agriculture
durable, en recyclant les éléments comme les phosphates et la
potasse.
Compte tenu de la lutte à livrer contre le réchauffement climatique,
nous devons nous contenter des surfaces arables actuelles. Nous pouvons envisager
de développer des systèmes agro-forestiers mais aussi de diminuer,
dans les pays riches, notre consommation de viande et de calories. Par contre,
mettre en culture de nouvelles surfaces en libérant du carbone supplémentaire
dans l’atmosphère ne pourrait nous conduire qu’à une
victoire à la Pyrrhus !
A ces contraintes s’ajoutent l’extension urbaine et la multiplication
des infrastructures qui grignotent, jour après jour, les espaces naturels
(agricoles et forestiers). Si elles continuaient au rythme actuel en France,
en Europe et à travers le monde, elles amputeraient de manière
significative le potentiel agronomique de la planète. Les européens,
qui, en bilan net, importent l’équivalent de la production végétale
de 35 millions d’hectares, ne peuvent continuer de bitumer leurs sols
fertiles en demandant au Brésil de ne plus déboiser ! Nous devons
nous engager résolument vers l’occupation optimale des bâtiments
existants, la rénovation urbaine et le recyclage des sols imperméabilisés
avant toute extension urbaine, et ce d’autant plus que la qualité
des sols agricoles se dégrade sous l’effet de l’érosion,
de la salinisation, du tassement et de pollutions chimiques. La créativité
est appelée à s’exprimer dans la ville pour nous surprendre
agréablement.
La production alimentaire mondiale dépend non seulement des paysans mais
aussi de l’ensemble de la collectivité. A ce titre, nous sommes
tous des paysans !
Le lien entre marginal et global est mis en avant. Le bétonnage ou le
bitumage d’une parcelle de terre semble négligeable, mais leur
multiplication conduit globalement à une destruction significative des
potentiels agronomiques. Il en est de même en matière d’émissions
de gaz à effet de serre. Chacun des acteurs en émet de faibles
quantités mais globalement les émissions dépassent largement
ce que la nature peut absorber. A l’inverse, cela signifie que les petites
économies peuvent se traduire globalement par des chiffres significatifs.
De ce fait, toute action locale a une portée mondiale. Multiplions les
actions locales, individuelles et collectives, pour un effet positif global
!

